Corneille parle de "The Birth Of Cornelius" jusque dans les moindres détails

Corneille parle de "The Birth Of Cornelius" jusque dans les moindres détails

Suite à l'actualité publiée le 4 juin, deux ans après « Les Marchands De Rêves », Corneille revient avec son nouvel et troisième album studio, premier en langue anglaise, intitulé « The Birth Of Cornelius » et à paraître le 2 juillet en France sur Wagram Music. Si « Back To Life » est le premier single en France tiré de « The Birth Of Cornelius », il s'agit de « Too Much Of Everything » qui est proposé au Canada et au Japon. Revenir à l'essence même de l'art, de sa musique, Corneille le réussit deux ans après « Les Marchands De Rêves », un deuxième album studio qui marquait à l'époque une certaine rupture avec le phénoménal premier album « Parce Qu'on Vient De Loin ». « J'ai pris un risque énorme en le faisant parce qu'il était plus adulte, plus soul, plus organique », a confié Corneille, qui semblait avoir trouvé sa voie, sa voix.

Aujourd'hui, après une période où il s'est pleinement remis en question, « à la fois humainement et artistiquement », Corneille revient avec « The Birth Of Cornelius », nouvel et troisième album studio et premier écrit et interprété intégralement en anglais. « Je me suis rendu compte qu'avec le succès, on peut très vite s'égarer du pur chemin de l'art et tomber dans une espèce de mécanique où on veut plaire à tout prix », a expliqué Corneille. « Si j'avais pensé à ma carrière avant mon art, je me serais posé la question de la barrière de la langue, parce que je sais que beaucoup de gens sont attachés à l'aspect francophone de ma musique. Mais j'ai ignoré cette pression pour me donner le plus de liberté possible. J'aurais peut-être contenté certaines personnes, mais j'aurais menti, à moi-même et au public ».

Et de poursuivre : « C'est pour cette raison que je me suis donné le droit de faire un album en anglais parce que ça faisait longtemps que j'avais envie de le faire. J'ai appris à aimer la musique avec des artistes anglo-saxons. J'ai écrit mes premiers textes en anglais. J'avais le même avantage que sur le premier album, avec cette impression de repartir de zéro. La musique, l'artiste, sont les mêmes. Mais cet album est bien meilleur que les deux premiers. J'ai mûri ». S'il a vu le jour avec son « premier bébé », s'il avoue oeuvrer musicalement dans la continuité du deuxième, Corneille a retiré les leçons de quatre années où son statut d'artiste et d'homme ont été à la fois sublimé et bouleversé.

« J'ai fait beaucoup de changements dans ma vie. Ce qui m'a donné l'impression de retourner à la source, de me reconstruire. Avec du recul, je me suis aperçu qu'avec 'Les Marchands De Rêves', j'avais écrit l'album d'un artiste qui devait énormément aux gens. Il y a définitivement un commencement avec cet album. Je suis beaucoup moins dans le doute que je ne l'étais avant. Je ne renie pas mon passé, ce qu'il y a eu avant existe toujours, surtout artistiquement. Mais c'est un nouveau départ ». Après avoir conquis sa « terre » canadienne et sa patrie d'adoption française, Corneille s'ouvre désormais au monde, même si la soul reste le fil conducteur de son histoire universelle. Mais pas question de refaire ici les présentations d'usage.

« On aurait pu s'attendre à ce que je répète certaines choses parce que je me présente à un public qui ne me connaît pas. Je comptais reprendre les titres les plus forts de mes deux premiers albums et les traduire. Mais cela aurait dénaturé le disque », a évoqué Corneille. « Je suis un jeune auteur-compositeur de trente ans qui n'a pas encore écrit sa meilleure chanson. Mon épouse m'a donné un coup de pied au cul en me disant que j'étais en train de devenir fainéant et paresseux. Elle avait raison ». Son épouse, sa muse, lui a inspiré la majeure partie de « The Birth Of Cornelius » où il est principalement question d'amour, de leur amour.

« Cela a été une révélation. A travers elle, je me suis découvert en tant qu'homme, j'ai appris sur la vie. Il y a des choses heureuses, des choses un peu plus dures. Comme dans 'Love Is Good'. Mais tout est vrai. Et c'est la première fois que je le rencontrais à ce niveau-là en tant qu'adulte. Ce sont des leçons de vie personnelles. Mais tout le monde peut y trouver son compte », a expliqué Corneille. Sur le zouk « Sweet Dependency », il relate ainsi une vulnérabilité sentimentale « qui m'aide à grandir, me rend plus fort. J'ai toujours eu peur de dire que j'avais mal, au risque qu'on pense que j'étais faible. Alors que c'est tout à fait le contraire. C'est un syndrome bien connu des hommes. On dit aussi que l'amour ne doit pas être fusionnel, qu'il faut rester indépendant. On me l'a peut être reproché subtilement. Mais j'ai trouvé une partenaire qui me tient tête, et qui m'aide à garder les pieds sur terre ».

Vulnérabilité apparentée à un meurtre avec ce « Murder » métaphorique et musicalement enjoué sur lequel Corneille se remémore « ces moments où je me disais qu'une rupture serait la pire des choses qui pourrait m'arriver. Même si on a dans ces moments-là tendance à voir tout en noir, à tout dramatiser, à perdre un peu la raison ». S'il confirme être plus à l'aise sur des midtempos, il avait envie d'emmener de nouveau avec « Spendin' On You », dans la même veine que le précédent « Iwacu », « ces couleurs afro dans ma musique, surtout pour un album qui se veut international ». Corneille n'élude pas pour autant son passé et le Rwanda, reniant presque son pays d'origine sur « I'll Never Call You Home Again ».

« On va penser que c'est un thème récurrent, mais je le traite sous un angle complètement différent. Ce n'est pas un pays que je considère comme chez moi car j'en garde des souvenirs atroces. N'importe qui aurait vécu ce que j'ai vécu le comprendrait parfaitement. Plutôt que de rester dans une espèce d'hypocrisie qui partait d'une bonne intention mais qui n'était pas vraie, qui consistait à dire que je comptais y retourner, je préfère dire que je ne veux pas y retourner. C'est une certitude. Je changerai peut-être d'avis, mais je suis encore très loin de la guérison », a reconnu Corneille. Ce citoyen du monde évoque également le racisme et sa crise identitaire sur « Man Of This World ».

« J'ai vécu dix ans de mon enfance en Afrique. Mes parents sont originaires de ce continent. En même temps, j'ai été bercé par la culture occidentale. Et même dans cette culture, il y a des différences de mentalité et de moeurs entre l'Europe et l'Amérique du Nord. Ce qui est absurde, c'est qu'on essaie de se caser en fonction d'où l'on vient. Alors qu'on est mélangé les uns avec les autres », a exprimé Corneille. « Home Is By You » est d'après lui un clin d'oeil, établissant un « parallèle subtil entre le patriotisme et le nationalisme d'un côté, et la notion du 'chez moi', forcément déconstruite, que je me suis créé. Mon chez moi est mobile ». Sur « I Never Loved You », enfin, Corneille parle de ses « relations qui n'étaient pas basées sur la vérité. Avec le succès, la célébrité, beaucoup de choses deviennent fausses. Certaines personnes n'ont pas été vraies avec moi. Ma perception des choses et de moi-même était fausse. Ça va dans les deux sens. Il a fallu faire table rase. Je ne veux que de la vérité autour de moi ».

Enregistré entre décembre 2006 et février 2007 avec les musiciens qui l'ont accompagné ces cinq dernières années sur disque et en tournée, entre le « Planet Studio » de Montréal (voix), le studio « Avatar » et le mythique « Electric Ladyland » à New York, « The Birth Of Cornelius » marque le début de la collaboration de Corneille avec Larry Gold (cordes) et Russell Elevado (Keziah Jones, Erykah Badu, D'Angelo, Alicia Keys). « Je me suis tourné vers lui pour équilibrer mon son r'n'b-pop, pour aller vers un son soul purement analogique, organique. On a tout enregistré sur cassette, pour trouver cette essence old school 60's, 70's, rendre hommage à des artistes comme Al Green, les Isley Brothers, Sam Cooke », a confié Corneille.

Pour Russell Elevado, « c'était un réel plaisir de travailler sur ce projet, porté par un réel talent d'auteur-compositeur. Corneille est l'une des personnes les plus gentilles et les plus vraies que j'ai rencontré. Je sais que ce n'est que le début de notre collaboration et je suis heureux qu'il ait pensé à moi pour l'aider à atteindre sa vision ». « The Birth Of Cornelius », ce troisième album classieux, « de loin le plus honnête », est porté par « Back To Life » (premier single en France extrait de « The Birth Of Cornelius »), « une chanson symbolique car la première qui a été enregistrée » et « Too Much Of Everything » (premier single au Canada et au Japon extrait de « The Birth Of Cornelius »), « un tube garanti, le morceau qui a généré le plus de réaction de la part de mon entourage ». Plus qu'une naissance, c'est une vraie renaissance pour Corneille.

« The Birth Of Cornelius » donne suite à « Les Marchands De Rêves » en novembre 2005, écoulé à 450 000 exemplaires en France. Le deuxième album studio de Corneille avait offert les séduisants « Le Bon Dieu Est Une Femme », « Les Marchands De Rêves », « Viens » et « Reposez En Paix », et succédé à « Parce Qu'on Vient De Loin », premier album vendu à 900 000 copies en France. En 2004, « Parce Qu'on Vient De Loin », le premier single avait été le plus diffusé toutes radios confondues.

Voici, en rappel, le tracklisting du troisième album studio « The Birth Of Cornelius » de Corneille :

* 01. « Back To Life »
* 02. « Love Is Good »
* 03. « Too Much Of Everything »
* 04. « I Never Loved You »
* 05. « Murder »
* 06. « Spending On You »
* 07. « Sweet Dependency »
* 08. « Home Is By You »
* 09. « I'll Never Call You Home Again »
* 10. « A Man Of This World »
* 11. « The One »
* 12. « Heaven »

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